En étant consciente de sa position sociale, l’animatrice fait un travail de sensibilisation au sein du groupe et transmet des valeurs qui combattent l’oppression. En tant que modèle, vous devez faire un travail sur vous-même pour assumer votre propre position sociale. Il vous faut comprendre le type d’oppression que vous subissez tout comme le pouvoir et les privilèges dont vous jouissez par rapport à d’autres. Il vous faut déterminer votre position sociale, voir ce qu’elle implique et constamment remettre en question toute idée préconçue. Comprendre la position sociale des autres en relation avec la vôtre est aussi un bon moyen de clarifier votre position sociale.
Seul un travail profond et permanent vous permettra de comprendre comment l’oppression et les privilèges influencent votre vie et de reconnaître votre positionnement unique par rapport aux autres. Si vous n’avez pas encore lu la partie du manuel qui traite de l’anti-oppression, vous pourriez commencer là votre réflexion sur les positions sociales et les expériences du pouvoir, des privilèges et de l’oppression. Pour en savoir plus sur l’anti-oppression, consultez la Fiche de renseignements - Le cadre d’analyse anti-oppression dans l'annexes de la section 3.
Voici quelques points à considérer pour comprendre votre position sociale en vue d’animer au-delà des différences :
- Quelle est votre position sociale (composée de caractéristiques identitaires telles que le statut socio-économique, la race, l’appartenance religieuse, l’orientation sexuelle, les aptitudes, etc.) en comparaison de celles des filles du groupe ?
- Compte tenu de votre position sociale, comment êtes-vous en mesure (ou pas) de saisir l’expérience des filles du groupe ?
- En quoi votre position sociale (ou certaines caractéristiques de cette position) vous confère-t-elle des privilèges ? En quoi cela influence-t-il votre rôle d’animatrice ?
- En quoi votre position sociale (ou certaines caractéristiques de cette position) vous expose-t-elle à l’oppression ? En quoi cela influence-t-il votre rôle d’animatrice?
Voici quelques-uns des points à considérer pour élaborer un programme qui tient compte de la position sociale des participantes :
- Si vous partagez les repas, y a-t-il des besoins à respecter en matière d’alimentation, comme celui de consommer des aliments casher ? Y a-t-il certaines périodes de restriction alimentaire, comme celle du Ramadan ?
- Votre programme peut-il être suivi par des personnes ayant des incapacités ?
- Les participantes ont-elles assez d’argent pour venir au local et suivre le programme, s’inscrire à un programme spécial ou participer à une sortie ?
- Votre programme s’adresse-t-il à des personnes présumées hétérosexuelles ?
- Y a-t-il des périodes et des espaces dédiés à la prière ?
- Quels sont les fêtes et événements religieux ou culturels à prendre en compte dans la planification des activités avec les filles ?
- Les filles sont-elles à l’aise dans des espaces mixtes ? Les éléments suivants sont à prendre en compte pour une animation anti-oppression :
- Qui parle le plus souvent et/ou le plus longtemps ?
- Passe-t-on plus de temps à exprimer ou à revenir sur les opinions de certaines filles en particulier ?
- Encouragez-vous plus souvent certaines filles que d’autres à s’exprimer ?
- Privilégie-t-on les intérêts de certaines filles (dans les activités, dans les chansons qu’on écoute en groupe ou dans les médias qu’on regarde et dont on discute ensemble) ? Ces intérêts et activités reflètent-ils l’identité ou le vécu de certaines filles seulement ?
- Priorise-t-on les préoccupations de certaines filles dans les discussions ?
- Les animatrices invitées reflètent-elles une variété d’expériences, de milieux et de positions sociales ?
Pour plus d’information sur « L’identité de l’animatrice et l’animation au-delà des différences », consultez notre Centre de ressources sur notre site Internet au www.fondationfillesdaction.ca.