Je demande aux jeunes ce qu’elles souhaitent voir dans leur communauté, ce qu’elles aimeraient transformer sans vraiment savoir comment ou quels types de personne-ressource elles aimeraient connaître. Si elles ne connaissent pas les réponses à ces questions, je leur fais des suggestions et je conçois une programmation en fonction de leurs intérêts. - Bev Walker, Millbrook Family Healing Centre, Truro, Nouvelle-Écosse
Nous avons tenté d’engager les filles dans des activités extérieures, de bâtir leur confiance en créant un espace pour filles centré sur le respect. Notre intention était d’inciter les filles à co-animer l’espace une fois qu’elles auraient complété le programme. - Joanne Cave, Ophelias Voice, Sherwood Park, Alberta
Agir, ça veut dire quoi ?
Agir, c’est faire quelque chose (ou éviter de faire quelque chose) en vue d’avoir une influence positive sur l’environnement social, politique, économique et culturel dans lequel on vit. Agir est intimement lié au fait d’être activiste, d’être une personne qui fait changer les choses. Passer à l’action avec votre groupe de filles peut les aider à renforcer leurs qualités de leader, leur estime de soi et leur engagement dans la communauté. Tout en apprenant à connaître leur milieu, les filles contribuent au changement pour leur propre mieux-être, celui de leur famille et de leur communauté.
Pourquoi passer à l’action ?
L’action peut être motivée par toute une gamme de croyances ou d’orientations politiques et revêtir de multiples formes. Il se peut que vous passiez à l’action parce que vous voyez dans le monde des situations, des organisations, des politiques, des lois ou des comportements que vous n’aimez pas. Vous pouvez aussi passer à l’action pour appuyer une vision positive du monde que vous aimeriez voir concrétisée.
Voici quelques-unes des raisons qui peuvent motiver votre passage à l’action :
L’action et l’éducation populaire en spirale
L’élaboration d’un plan d’action vient après les étapes de la spirale présentées ci-dessus (voir où en sont les participantes et, à partir de là, cerner les récurrences, compléter l’information et approfondir la théorie). Toutefois, n’attendez pas d’avoir complété la spirale d’éducation populaire pour penser à agir. Comme n’importe quel aspect de la spirale, l’idée de changement social et de passage à l’action doit transparaître dans tout ce que vous faites.
À un moment donné de la session ou du programme, vous aurez envie d’expliquer concrètement ce qu’il faut faire pour insuffler le changement. Faites une séance de remue-méninges et testez différentes idées en fonction des besoins de votre groupe. Par exemple, si les filles en viennent à parler de cliques, essayez de discuter avec elles de leurs effets négatifs et élaborez ensemble un plan d’action.
La concrétisation du plan d’action est cruciale. Elle est porteuse d’espoir et de promesses, elle incite les filles à travailler de concert et à développer leur esprit d’équipe en vue de promouvoir ensemble le changement. Passer à l’action est aussi l’occasion pour les filles d’apprendre à s’exprimer et à défendre leurs idées, ce qui est essentiel si l’on veut favoriser la confiance en soi, l’affirmation de soi et la défense de ses propres intérêts. Agir conjointement avec l’entourage est tout aussi important, car cela permet aux filles de transmettre leur savoir par un travail de sensibilisation auprès de leurs pairEs et dans leur communauté. En plus, l’action conjointe permet un changement social à plus grande échelle. Voici quelques pistes pour vous guider dans l’élaboration d’un plan d’action.
Quelle stratégie adopter ? Quelle action mener ?¹
Il y a bien des manières de passer à l’action. Votre choix se fera en fonction de votre situation et de l’analyse que vous en faites, de l’impact comparé des différentes options et des divers partenaires intéresséEs à agir avec vous. Par exemple, s’il y a beaucoup de détritus dans la rue, vous pouvez penser que ce sont les déchets qui posent problème (c’est sale, ça fait mauvais genre), les habitudes des gens (qui jettent des déchets dans la rue) ou encore celles des entreprises (qui produisent trop d’emballage). Pour chaque analyse, il y aura une stratégie, une solution différente : un nettoyage de quartier, une campagne de sensibilisation du public, écrire aux entreprises qui selon vous gaspillent l’emballage. C’est un exemple tout bête, mais il montre qu’il y a bien des manières d’aborder un problème.
Ajoutons qu’une même action n’aura pas forcément le même impact, le même résultat à tous les coups. Lorsque vous passez à l’action, il est essentiel d’envisager à l’avance la situation et les possibilités qui s’offrent à vous, au lieu de simplement vous plonger dans l’action sans avoir clairement défini votre intention.
Les questions suivantes vous aideront à déterminer le type d’action qui correspond à votre vision :
Comment passer à l’action ?
Passer à l’action peut vouloir dire éduquer, sensibiliser, apporter de nouvelles solutions ou encore combattre l’injustice lorsque vous en êtes témoin. Voici quelques idées pour le passage à l’action de votre groupe de filles. Échangez avec elles pour voir ce que ces actions impliquent et comment elles peuvent les intégrer à leur propre démarche.
Pourquoi est-il important d’agir ?
N’en doutez pas un seul instant : un groupe restreint mais motivé peut changer le monde. En fait, personne d’autre ne le peut. - Margaret Mead
Comme le souligne Margaret Mead, nous avons le pouvoir de changer nos conditions de vie par l’action. Le changement peut être long à venir, mais même les plus petits gestes génèrent du changement. En passant à l’action, vous écrivez l’histoire, vous contribuez à l’éradication de la violence et de la discrimination sous toutes ses formes. Si l’état du monde vous attriste, allez au-delà de la complainte et agissez, c’est le meilleur des remèdes. Il est prouvé que l’un des antidotes les plus efficaces à long terme contre la tristesse ou le désespoir qu’inspire l’état du monde est d’œuvrer au changement social8.
Pistes d’action
À Filles d’action, nous croyons que passer à l’action aide les filles à comprendre le monde, à initier des changements et à bâtir un monde meilleur. L’action peut prendre différentes formes, elle peut être personnelle, communautaire ou structurelle (lois nationales et politiques d’entreprise). Puisque nous parlons toujours d’action, nous vous présentons quelques exemples d’actions menées par des filles et des jeunes femmes de notre réseau.
Les actions peuvent intégrer plusieurs de ces aspects. Par exemple, les filles peuvent d’abord mener une action au sein du groupe, puis l’étendre à leur communauté environnante, pour peut-être en arriver à une action collective et influencer la révision d’une loi.
Voici quelques exemples concrets d’actions pour les filles :
Actions pour renforcer les capacités au sein du groupe pour filles
Faire un zine!
C’est l’une des activités préférées du Club des filles. Ces petits magazines à faire soi-même parlent des préoccupations des filles. Par exemple, nous faisons des fanzines sur l’estime de soi, l’amitié et les relations équilibrées. Les filles font ensuite des copies pour les partager avec leurs paires.
Écrire des poèmes, faire des collages et de l’art!
Les filles utilisent leurs préoccupations et leurs intérêts pour leurs créations artistiques et littéraires. Cet outil formidable de sensibilisation stimule leur talent et leur imagination. Ensuite, elles exposent leurs œuvres dans leur communauté.
Collecter des fonds pour une cause qui nous tient à cœur
Les filles confectionnent des bracelets qu’elles vendent ensuite au profit de la SPCA.
Réécrire des paroles de chansons
On adore la mélodie mais on haït les paroles ? En changeant des paroles de chansons, les filles déconstruisent un média populaire, rattachent la musique à leur propre réalité et éduquent leurs pairEs en diffusant leurs chansons.
Écrire sa propre chanson!
Les filles écrivent elles-mêmes les paroles de leur chanson. En tapant des mains et des pieds, avec des objets trouvés ou avec des instruments, elles créent leur propre chanson.
Murale communautaire
Les filles illustrent par la peinture quelque chose qu’elles ont appris avec le groupe et qu’elles souhaitent partager. Par exemple, peindre un « arbre de la paix » sur les murs de l’école servira à promouvoir auprès des pairEs l’acceptation des autres et la non-violence.
Campagnes d’envoi de lettres
Les filles envoient des lettres aux organisations, aux entreprises et aux responsables politiques pour les pousser à agir sur les dossiers importants pour elles. Elles écrivent par exemple à leur député pour l’inciter à proposer une loi contre l’utilisation d’agents chimiques dans les produits de beauté.
Bloguer ou créer un blogue
Les blogues sont des sites Internet particuliers qui servent à diffuser certaines informations, à partager des idées et à discuter. Les filles participent à un blogue existant (voir www.kickaction.ca) ou créent le leur.
Soirée intergénérationnelle
Organisez un événement mobilisateur pour que les femmes de toutes générations agissent ensemble sur un dossier qui interpelle la communauté. Par exemple, à Whitehorse, Leaping Feats Creative Dance Works organise un rassemblement informel avec de futures participantes de groupes de filles et des grands-mères de la région, afin de parler ensemble des nouveaux départs qu’on peut prendre dans la vie. L’événement permet de créer des liens entre les générations pour qu’elles travaillent ensemble à la prévention de la violence dans leur communauté. Le travail en réseau au sein de la communauté permet d’insuffler collectivement le changement et de donner aux jeunes femmes le pouvoir de vivre sans violence.
Défilé de mode responsable
À Victoria, en Colombie-Britannique, Anti-DOTE organise chaque année un défilé de mode sans étiquette, pour lequel les filles montent leur propre ligne de vêtements avec des matériaux recyclés et des modèles à coudre soi-même. Cet atelier permet d’analyser la mode sous toutes ses facettes et d’en observer les effets dans une perspective d’engagement des jeunes, d’engagement féministe et de participation. En plus, par l’utilisation de la mode, les jeunes filles et les jeunes femmes passent à l’action et s’initient à la résistance politique.
Moulage de corps
Les Green Goddesses, un groupe de filles à Ottawa, fabrique des moulages de corps. Avec du plâtre et d’autres matériaux, les filles moulent le torse tout entier et les bras, avant d’« orner » les pièces de divers messages (ce que le corps représente pour elles, comment elles reçoivent les messages des médias, etc.) et de les exposer en galerie d’art… Le moulage de corps aide les filles à prendre conscience et à accepter leur corps, dans sa taille comme dans sa forme et, aussi, à raconter au monde une histoire différente des femmes et des filles.
Budget d’épicerie
Le groupe de filles du LEA Place concoctent un repas nutritif pour une famille de quatre, en respectant les recommandations du Guide alimentaire canadien et le budget de la famille. Munies d’une calculatrice et d’une liste, les filles se rendent à l’épicerie. Les aliments achetés sont ensuite donnés via la banque alimentaire de la région à une famille de quatre. L’action aide les filles à comprendre l’impact de la pauvreté sur la vie des familles, la planification des repas, la nutrition, le contrôle du budget et le coût de la vie en milieu rural.
Actions pour rassembler la communauté
Projection publique de film et discussion
À Whitehorse, Jodi Proctor organise un événement qui vise non seulement à collecter des fonds, mais aussi à sensibiliser la population au sort des femmes sans abri du Yukon. Le logement et la mise en œuvre de programmes de soutien aux femmes sont des enjeux importants à Whitehorse. C’est pourquoi Jodi invite plusieurs femmes à en parler, ainsi que des artistes femmes qui font des performances. « Je souhaite mettre en lumière ces problèmes auprès de la communauté – les mettre au-devant de la scène publique. J’ai demandé à une porte-parole des femmes, Charlotte Hrenchuk, d’évoquer les stéréotypes qui circulent sur les femmes sans abri, pour déconstruire les clichés, en somme. Je serai comblée si les gens repartent en ayant pris conscience qu’aucune femme n’est à l’abri de cette malchance. Ça peut arriver à n’importe qui. »
Souper de célébration des cultures
Un groupe de filles de Vancouver invite le public à un souper collectif, où chaque culture est célébrée par des plats, des jeux, des costumes et des chansons. Il y a des activités pour découvrir et fabriquer de l’artisanat des Premières Nations et pour confectionner le drapeau des pays représentés par les participantEs. Le but est que les participantEs expriment leur fierté identitaire et repartent en ayant appris des choses sur les autres cultures.
Créer nos propres projets
Back off! : Reprenons le contrôle de nos corps
L’événement Back off! est organisé par un groupe de jeunes femmes de l’Université Concordia et de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). L’événement est une journée de discussions abordant une panoplie de thèmes qui touchent les corps des femmes. Par exemple, la surmédication de la contraception, la toxicité des produits pour les règles ou encore l’homogénéisation des représentations de la sexualité et des femmes. C’est une journée de réflexion, de résistance et de prise de pouvoir ; c’est aussi une fête communautaire, avec des ateliers bilingues et des conférencières invitéEs.
Camp de Rock pour filles de Montréal
À Montréal, Carina Foran et Jennifer Duffin ont mis sur pied un camp de rock d’une semaine, où les filles apprennent à jouer un instrument de musique, forment un groupe, écrivent une chanson et font un concert. Avec cette expérience, les filles mettent en valeur leurs capacités personnelles et leur pouvoir d’agir pour renforcer leur estime de soi. Les filles développent aussi des liens entre elles et avec la communauté, en plus d’acquérir de nouvelles aptitudes.
Teen Feminist Action Network
Le réseau met en contact les jeunes féministes par le biais de conférences téléphoniques, de listes de diffusion, d’un babillard électronique et d’un blogue. Les participantes et les usagères sont responsables de la gestion du réseau. « Natalia et moi savons à quel point il est précieux d’avoir un réseau de soutien, et nous voulions en faire profiter d’autres filles et jeunes femmes, en plus d’assurer une collaboration et un partage des ressources. »
Organisez un Carnaval de blogues
Des blogueurs/euses invitéEs écrivent des articles sur un ou des sujets spécifiques pendant le carnaval de blogues, qui dure généralement une semaine. Toutes les personnes qui méritent d’être entendues selon vous sont invitées à participer : des blogueurs/euses, des militantEs, des étudiantEs, votre cousinEs, etc. Le but du carnaval de blogues est de lancer la discussion. Il faut aussi s’assurer d’en faire la promotion par le bouche-à-oreille, sur Facebook, par courriel, etc, et de s’assurer que les personnes qui sont prêtes à s’exprimer sur ces sujets sauront modérer les discussions. Non seulement les propos tenus lors d’un carnaval de blogues sont très inspirants, mais en plus, ils sont très bien documentés! Vous pouvez organiser un carnaval sur votre propre blogue (il est vraiment simple de créer un blogue avec Wordpress ou Blogger) ou sur un site comme celui de Filles d’action, www.kickaction.ca.
Actions pour le changement structurel et systémique
Nations Unies
Ophelia’s Voice, un groupe de Sherwood Park en Alberta, agit de concert avec l’Association canadienne pour les Nations Unies dans le cadre du projet Enfants sains, communautés saines (United Nations Association of Canada Healthy Children Healthy Communities), qui vise à établir les déterminants sociaux de la santé des jeunes Canadiens et Canadiennes. Ophelia’s Voice participe à l’évaluation du Manuel d’action santé pour les enfants (Child Health Action Manual) : un groupe de jeunes femmes participe à deux conférences téléphoniques pancanadiennes organisées par l’Association canadienne pour les Nations Unies, à deux séances d’évaluation et à une rencontre avec le gouvernement municipal, auquel elles soumettent leurs recommandations pour améliorer les déterminants sociaux de la santé des jeunes de Sherwood Park. Les filles souhaitent conscientiser le gouvernement local et la communauté au sujet de l’influence des médias, de l’image du corps, du racisme, de l’accès limité à l’éducation, de la pauvreté, de la pression des pairEs, de l’emploi et de l’offre d’activités récréatives. À l’échelle locale, ce sont des déterminants clés de la santé des jeunes.
Forum Urbain Mondial de la Jeunesse
Quand vous aurez travaillé auprès des jeunes femmes pendant quelque temps, peut-être pourriez-vous participer à un événement tel que le Forum urbain mondial pour échanger sur l’engagement des jeunes et des filles en particulier. Voici un extrait de la Déclaration du Forum urbain mondial de la jeunesse : « Durant la fin de semaine précédant le Forum urbain mondial III, plus de 400 animateurs/trices de groupes de jeunes, issuEs de plus de 40 pays, se sont réuniEs à Vancouver pour partager leurs expériences et plans d’action en matière de développement urbain. Pendant trois jours, les jeunes ont participé à des ateliers, à des séances de formation et à des discussions animées sur les problèmes dont souffrent nos communautés. De ces discussions émane un enjeu global qui détermine tous les autres : le principal défi que doit relever la jeunesse d’aujourd’hui, c’est de s’engager et de s’impliquer dans le processus décisionnel. »
Le projet Miss G
Le Projet Miss G pour l’équité en éducation est un groupe de jeunes féministes qui vont sur le terrain pour combattre toutes les formes d’oppression en éducation et par l’éducation, notamment le sexisme, l’homophobie, le racisme et le classisme. Avec une approche politique résolument féministe et anti-oppression qui privilégie l’action en éducation, l’organisme a pour mandat de donner aux jeunes, surtout aux jeunes filles, la chance, le soutien et les ressources nécessaires pour analyser et agir sur les questions qui les touchent et influencent leur avenir. Cela signifie que l’organisme a un rôle de ressource communautaire et organise des actions politiques pour l’amélioration permanente de l’école publique, afin qu’elle respecte ses propres objectifs en matière d’équité en éducation, de respect de la diversité, de pensée critique et de sécurité en milieu scolaire. Le groupe essaie présentement d’ajouter un cours en études de la condition féminine et études de genre au curriculum ontarien d’éducation secondaire.
¹ Hudema, Mike. An action a day: keeps global capitalism away. Toronto: Between the lines. 2002.
² “Lobbying”, The New Lexicon Webster’s Encyclopedic Dictionary of the English Language. Canadian Edition. United States: Librairie Larousse. 1988.
³ “Civil Disobedience”, The New Lexicon Webster’s Encyclopedic Dictionary of the English Language. Canadian Edition. United States: Librairie Larousse. 1988.
4 Centre for Communication and Civic Engagement, Education Department, University of Washington. “Culture Jamming”, http://depts.washington.edu/ccce/polcommcampaigns/CultureJamming.htm retrieved Feb 19, consulté le 19 février 2009.
5 “An Introduction to Activism on the Internet”, http://backspace.com/action/introduction.php, modifié le 19 janvier 2006, consulté le 19 février 2009.
6 “Demonstration”, The New Lexicon Webster’s Encyclopedic Dictionary of the English Language. Canadian Edition. United States: Librairie Larousse. 1988.
7 Wikipedia. “Demonstration”, http://en.wikipedia.org/wiki/Sit-in updated Feb 2008, modifié en février 2008, consulté le 18 février 2009.
8 Levine, B. “Mass Society and Mass Depression: Depression becoming epidemic in consumer societies”, Canadian Center for Policy Alternatives, vol. 15, no 1, mai 2008 (cité dans Surviving America’s Depression Epidemic).