Vous travaillez dur sur le terrain pour faire en sorte que les filles et les jeunes femmes aient accès à des programmes de prévention de la violence et d’autonomisation innovateurs. Vous mettez à l’épreuve de nouvelles idées et approches, avancez de quelques pas, prenez le temps d’arrêter, de jauger votre situation et de vous ajuster, puis vous repartez dans une nouvelle direction. Vous créez des espaces sécurisants et inclusifs où vous consultez des jeunes femmes sur leurs idées concernant l’action communautaire et la défense de leurs droits. En fait, vous « vivez » des pratiques réflexives ou, comme on le dit parfois dans les milieux plus formels, vous « évaluez » !
Habituellement, nous concevons l’évaluation comme une contrainte imposée par les bailleurs de fonds pour nous forcer à leur rendre des comptes et prouver que leur investissement porte fruit. Dans un monde où les gouvernements et les bailleurs de fonds sont de plus en plus exigeants, il est parfois difficile d’approcher l’évaluation de façon créative. Pourtant, les évaluations peuvent nous aider à toutes les étapes et dans tous les aspects de nos programmes. Vous n’avez pas toujours à attendre la fin du projet pour mener une évaluation. Une évaluation des besoins, ou évaluation formative, peut être menée au début d’un projet ou d’un programme. Une autre évaluation peut être faite à la fin pour apprécier ce qui a été accompli. On parle alors d’une évaluation sommative, ou évaluation-bilan. Quel que soit le moment où est menée l’évaluation, elle sert toujours à examiner le processus et/ou les résultats.
Cela dit, dans sa forme la plus élémentaire, l’évaluation est un processus visant à compiler des données décrivant ce que vous voyez, expérimentez et apprenez dans le cadre de vos programmes, et ce, afin de mieux comprendre et communiquer la valeur de votre travail. En fin de compte, cela vous aide à améliorer vos méthodes et votre approche du travail d’organisation.
S’approprier l’évaluation pour l’adapter à vos besoins…
De plus en plus d’organismes communautaires se rendent compte de l’importance de « s’approprier » les processus d’évaluation, de telle sorte qu’ils ne satisfassent pas seulement aux exigences des bailleurs de fonds, mais répondent également à certaines questions « internes » importantes relatives aux résultats concrets et à la portée réelle de leurs programmes.
Dans cet esprit d’appropriation de l’évaluation, plusieurs organismes expriment la volonté de dépasser les simples mesures quantitatives (par exemple le nombre de filles qui participent au programme, le nombre d’ateliers donnés, etc.) pour privilégier une approche holistique et collective de la réflexion et de l’expérimentation. Ce genre de « pratique réflexive » aide le groupe à :
À Filles d’action, nous privilégions cette approche de l’évaluation « en cours d’exécution ». C’est une approche organique qui met l’accent sur les questions évaluatives, la récolte d’informations, la rétroaction au service des processus de prise de décision, l’expérimentation de nouvelles méthodes, l’amélioration et l’adaptation continuelle des programmes. Cette approche permet d’examiner notre travail « de l’intérieur » plutôt que « de l’extérieur ».
Pourquoi s’engager dans un processus d’autoréflexion ? Pour :
Voici quelques processus réflexifs qui vous aideront à examiner votre travail et vos méthodes « de l’intérieur » et à déterminer par quels moyens vous pourriez les améliorer ou changer de stratégie.
Voici quelques conseils utiles aux évaluations :
Voici un exemple de méthode d’évaluation :
1. Recueillez vos données!
Les méthodes suivantes sont simples et utiles. Le matériel écrit ou les notes prises lors des séances de réflexion deviennent des « données » pour vos rapports d’évaluation. Vous n’avez pas à suivre tous nos conseils : utilisez les méthodes qui vous aident et qui correspondent à votre programme.
2. Analysez vos données
Une fois votre cueillette de « données » terminée (souvent, vers la fin d’une saison ou d’une année), vous devez les analyser. C’est-à-dire que vous devez lire tous les questionnaires, les notes d’entrevues, les notes de séances de réflexion et les notes de votre co-animatrice. Faites ce travail avec votre comité consultatif ou avec vos co-animatrices, collègues, superviseurE ou amiEs (les perspectives de différentes personnes sont précieuses). Donnez une copie des objectifs de votre programme à tout le monde.
Discutez de ce que vous avez lu. Quels thèmes émergent des commentaires des filles, des parents et des animatrices ? Quels commentaires vous frappent ou suscitent votre intérêt ? Relisez vos objectifs et trouvez des exemples parmi les données qui démontrent en quoi votre travail correspond à vos objectifs. Tenez particulièrement compte des résultats nouveaux ou inattendus (des événements auxquels vous ne vous attendiez pas, mais qui sont survenus et qui ont profité aux filles et au programme). Prenez également note des apprentissages marquants que vous souhaitez intégrer à votre futur programme.
3. Rédigez un rapport ou écrivez vos notes
Si vous êtes formellement tenue de le faire, rédigez un rapport d’évaluation. Sinon, notez simplement les résultats de l’analyse de vos données. Dans tout rapport d’évaluation, vous devez détailler comment vous avez fait votre collecte de données et parler des résultats de votre programme pour filles. Une bonne manière de procéder est d’écrire votre premier résultat dans une zone de texte et ensuite de fournir des exemples en insérant les citations des filles, des parents ou des animatrices. Répétez la démarche pour chacun de vos résultats (2 à 5 sont suffisants). Vous pouvez également inclure une section d’« observations » où vous commentez vos apprentissages faits pendant le programme et où vous mentionnez les modifications que vous apporterez.
Pour un exemple d’évaluation d’atelier : « La tête, le cœur, les mains » et un exemple d’évaluation de l’animation, consultez l’annexe 1. Pour plus d’information sur l’évaluation, consultez notre Centre de ressources sur notre site Internet www.fondationfillesdaction.ca.