Glossaire
Action communautaire – Individus et/ou groupes qui s'organisent collectivement et travaillent ensemble vers un objectif commun de changement social positif au sein de leur communauté.
Autochtone - Selon la Loi Constitutionnelle de 1982, et toujours effectif de nos jours, le terme « Autochtone » fait référence à trois groupes d’Autochtones au Canada, maintenant appelés : Premières Nations, Inuits et Métis.
Ce mot est aussi utilisé pour décrire des groupes ethniques particuliers qui proviennent d’une région et qui y habitent encore.
Les Nations Unies recourent à l’idée de « groupes autochtones » pour faire reconnaître les droits des Autochtones au Canada1 et des autres groupes aborigènes qui ont souffert de l’invasion des pays colonisateurs.2
Cadre/grille d'analyse – Ensemble de suppositions, de concepts, de valeurs et de pratiques qui constituent une façon de concevoir et d'appréhender la réalité. Par exemple, travailler en utilisant une grille d'analyse anti-oppression signifie que l'on accorde de l'importance à l'équité.
Campagne de financement – Processus de sollicitation et de collecte d'argent ou autres dons en nature par le biais de demandes de dons personnels ou de dons de compagnies, d'organismes caritatifs ou d'agences gouvernementales. 3
Classe ou classe sociale – Renvoi à la classification hiérarchique (ou stratification) entre des individus ou des groupes d'individus dans une société ou une culture donnée. Généralement, les individus sont regroupés en classes selon leur situation économique et selon leurs intérêts politiques et économiques communs au sein de ce contexte stratifié. Dans une telle société hiérarchisée, l'appartenance à une classe est notamment déterminée par :
* le revenu des ménages ou le revenu personnel per capita, ou la richesse/valeur nette, incluant la propriété terrienne, les biens, les moyens de production, etc. ;
* la profession ;
* l'éducation et la scolarisation ;
* le milieu familial. 4
Collaboration – Travailler en concertation avec d'autres (individus ou groupes) vers un objectif commun.
Colonialisme - Un processus par lequel une puissance étrangère domine et exploite un pays ou un groupe autochtone en s’appropriant son territoire et en s’en servant pour s’enrichir tout en utilisant ses habitants comme main-d’œuvre à bon marché. Le colonialisme fait aussi référence à une époque précise de l’expansion européenne vers les territoires outre-mer du XVIe au XXIe siècle, pendant laquelle des états européens ont établi des colonies sur des terres lointaines et ont acquis une hégémonie économique, militaire, politique et culturelle dans une bonne partie de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique. De nos jours, au Canada, nous vivons encore avec les répercussions et la perpétuation des pratiques coloniales.5
Communauté – Groupe de personnes qui ont créé des liens au fil du temps en interagissant régulièrement autour d'expériences communes. Ces expériences sont dans l’intérêt de chacunE pour des raisons individuelles qui varient d’une personne à une autre.6
Conseil d'administration (CA) – Un organisme, qu'il soit à but lucratif ou non, est dans l'obligation d'être administré par un conseil d'administration. Celui-ci représente les actionnaires (si c'est une entreprise) ou des membres du public (dans le cas d’un organisme sans but lucratif). Les membres du conseil d'administration sont soit élus, soit désignés par les membres (de l'organisme) et sont légalement tenus à certains devoirs fiduciaires, à une obligation de diligence commune, de loyauté et d'obéissance.
Le CA accomplit plusieurs types d'activités. L'expression « conseil » désigne en règle générale les activités auxquelles participent seulement les membres du CA, activités qui peuvent inclure le développement et la mise en pratique des règlements et des principes du conseil, le recrutement de nouveaux/elles membres, la formation et l'orientation des membres du conseil et l'organisation de comités, des rencontres et des évaluations.
L'expression « gouvernance » renvoie aux activités de supervision du CA en matière d'objectifs, de planification et de réglementation de l'organisme dans son ensemble, par exemple en instaurant les plans et politiques d'ensemble, en supervisant le/la PDG, en s'assurant que l'organisation possède des ressources suffisantes et soit conforme aux règles et régulations, et en représentant l'organisation auprès des intervenantEs externes.
La palette d'activités réalisées par les membres du CA dépend du type de gouvernance mis en place par le conseil (ou les méthodes et structures de travail). Il y a les « conseils exécutants » ou « conseils administratifs » (dont les membres font du travail de terrain ou administratif, tel que réparer le télécopieur une journée et réfléchir à la planification stratégique le lendemain), les « conseils collectifs » (où tous les membres, qu'ils/elles siègent ou non sur le CA, font le même type de travail sans que rien ne les distingue), les « conseils d'élaboration des politiques » (où les membres du conseil assistent principalement aux prises de décisions de haut niveau) et le « conseil d'orientation politique », qui fonctionne selon le « modèle de gouvernance de Carver ». Ce modèle affirme qu’il existe des distinctions très claires entre les secteurs d’intervention respectifs du conseil et du directeur exécutif (ou PDG).7
Contributions en nature – Fait référence aux contributions pour un projet qui ne sont pas monétaires, mais qui ont tout de même une valeur financière mesurable. Les contributions en nature doivent apparaître dans le budget comme des dépenses du programme pour lesquelles aucun financement n'est requis de la part de donateurs. Elles témoignent de la mesure dans laquelle votre organisme investira des ressources par rapport au budget global du projet. Les contributions en nature sont souvent intégrées dans le budget selon leur valeur réelle sur le marché actuel (c’est-à-dire que si votre organisation reçoit comme contribution en nature un local dans lequel vous réalisez vos activités, vous devez noter dans le budget le prix de location du local qui correspond au prix courant de location de ce type d’installation).8
Culture - Aspects identitaires d’une personne et d’un groupe pouvant comprendre : la langue, la race, la religion, l’appartenance ethnique, les expériences de migration et d’immigration, les structures de classes sociales, les normes sociales, les schémas de comportement, les affiliations politiques, les influences familiales, les attitudes à l’égard de différents groupes d’âge, les attitudes à l’égard de l’orientation sexuelle, l’expérience ou l’absence d’expérience de discrimination, l’expérience de lutte contre la discrimination et d’autres injustices et, enfin, la perte de traits culturels. Un groupe ethnoculturel est un groupe dont les membres considèrent qu’ils partagent des réalités patrimoniales, une culture, des origines raciales et/ou des traditions communes. 9
Discrimination – Traitement défavorable (ou refus d’accorder un traitement égalitaire et équitable) — intentionnel ou non — d’une personne ou d’un groupe en raison de sa race, de son sexe, de sa religion, de son appartenance ethnique, d’un handicap, de sa classe sociale, de ses origines ancestrales, de son lieu d’origine, de sa couleur, de sa citoyenneté, de son orientation sexuelle, de son âge ou de son état civil. La discrimination peut résulter d’un traitement particulier ou des effets inéquitables d’un traitement appliqué uniformément à tous les groupes et individus. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de discrimination si le comportement ou le système a pour effet d’empêcher une personne de profiter pleinement, de manière égalitaire et effective, d’un bien, d’un service, d’une installation, d’un emploi, d’un logement, etc., auquel les autres membres de la société ont accès. La discrimination peut prendre plusieurs formes. Par exemple : « Les appartements n’étaient plus vacants ou étaient hors de prix lorsque la personne qui s’informait appartenait à une minorité visible ». « Les postes à pourvoir ne l'étaient soudainement plus, ou nous étions virés pour des raisons très vagues. »10
Énergisant – Activité qui permet d’activer ou de dynamiser un groupe. Il est bon d'utiliser régulièrement des activités énergisantes au cours d'un atelier ou d'un programme afin de créer un changement de rythme qui permet au groupe de renouveler ses énergies.
Espaces (plus) sûrs – Être en sécurité signifie ne pas avoir peur et ne pas craindre que quelqu'un nous fasse du mal (physiquement, émotionnellement ou mentalement) et être à l’abri de tout danger, risque et possibilité de blessure. « Espace sûr » est un terme utilisé pour indiquer qu'un atelier ou un programme est un espace au sein duquel les participantEs vont se sentir en sécurité. Un « espace sûr » est un endroit où tout le monde peut relaxer et s’exprimer, sans craindre de se sentir inconfortable, importunE, ou en danger à cause de son sexe biologique, de sa race/ethnicité, de son orientation sexuelle, de son identité ou expression de genre, de son milieu culturel, de son âge ou de sa capacité physique ou intellectuelle. C'est un espace où des codes et des règlements protègent la fierté et la dignité de chacunE et encouragent fortement chaque personne au respect des autres.11
Nos diverses expériences de travail avec des groupes, nous ont permis de comprendre que parfois certaines personnes ne se sentent pas en sécurité ou confortables à cause de différences dans leurs expériences antérieures, leur façon de vivre et leur perception des privilèges et de l’oppression.
L'expression « espaces (plus) sûrs » reconnaît qu'il est impossible que tous/tes les participantEs se sentent en tout temps complètement sûrEs et dans leur zone de confort dans un lieu. Par exemple, la critique constructive et les débats qui contestent la manière d’appréhender un problème des participantEs peuvent être des moments inconfortables, mais contribuent à approfondir leurs réflexions et sont nécessaires. Tendre vers un « espace (plus) sûr », c’est prendre conscience qu'il est impossible de créer un espace entièrement sûr en tout temps. Les animateurs/trices ne font ainsi pas de fausses promesses, mais s'assurent que l'espace soit le plus sûr possible en prenant en considération les commentaires et préoccupations des participantes afin de régler ce qui provoque des malaises ou de l’insécurité.
Ethnocentrisme - Tendance à juger toutes les autres cultures en fonction de la sienne. Ainsi, on peut croire que ses propres valeurs et ses traditions culturelles sont meilleures que celles des autres ou encore supposer que ce qui est vrai ici l’est aussi ailleurs. Le terme eurocentrisme fait référence à un système complexe de croyances affirmant la suprématie des valeurs culturelles, des idées et des peuples d’Europe. Un ethnocide est un acte qui vise à détruire systématiquement l’ethnicité ou la culture d’un autre peuple.
La politique d’« enlèvement » légal d’enfants autochtones, mise en œuvre par le gouvernement du Canada en vue de les instruire en tant que « Canadiens européanisés » à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, constitue un exemple d’ethnocide.12
Facilitation/animation – Assurer la coordination d'une activité ou d'un exercice de telle sorte que tous/tes les membres du groupe soient encouragéEs à participer et à s'investir de façon significative.
Genre – Construction sociale qui réfère aux rôles, aux caractéristiques, aux comportements, aux apparences et aux identités qui se développent selon des interprétations culturelles du sexe génétique. Le genre est aussi notre expérience de comment on se sent comme une femme, un homme, une fille, un garçon, androgyne ou quelque chose d’entièrement différent – comment on est perçu en tant que femme, homme, etc13. Le genre n’existe pas comme deux pôles opposés à des extrêmes, mais plutôt comme un continuum.
Hétéronormativité – Structure sociale qui maintient et renforce l'hétérosexualité comme la norme, marginalisant ainsi toutes les autres possibilités de désirs et d'expressions sexuelles.14
Identité – La manière dont quelqu'unE se perçoit en tant que personne. C'est une conception de soi qui est multiple et qui évolue au cours de la vie.
Les facettes de l'identité peuvent inclure entre autres : le statut socio-économique, le genre, l’appartenance à une communauté ethnoculturelle, l'appartenance religieuse, l'orientation sexuelle, etc.
Imbrication des oppressions – Concept selon lequel les oppressions sont indissociablement liées les unes aux autres. Les systèmes d'oppression émergent les uns des autres et se développent en s’influençant mutuellement : ils ne sont ni séparés ni distincts. Cela signifie que l'exploitation des classes ne pourrait pas exister sans les hiérarchies de genre et de race. L'impérialisme ne serait pas possible sans l'exploitation des classes, le sexisme, l'hétérosexisme, etc. 16
Interdépendance – Le fait d’être dépendantE l'unE de l'autre.17
Internalisation de l’oppression – Phénomène par lequel les membres d’un groupe opprimé sont tellement abattuEs sur le plan émotif, physique et spirituel qu’ils/elles croient que leur oppression est méritée, qu’elle constitue leur destin, qu’elle est naturelle et juste, voire qu’elle n’existe pas. Situation où les oppriméEs se sont habituéEs à l’oppression.18
Intersectionnalité – Terme souvent utilisé pour décrire le concept de liens entre les différents types d’oppressions. C’est un concept théorique qui examine les façons dont les différentes catégories d’identités sociales et culturelles construites interagissent les unes avec les autres pour produire, maintenir et perpétuer les inégalités dans la société.
L’intersectionnalité stipule que les oppressions basées sur la race/ethnicité, le genre, la religion, la nationalité, l’orientation sexuelle, la classe ou les handicaps, n’agissent pas indépendamment l’un de l’autre ; mais qu’elles sont plutôt intereliées les unes les autres. Ces liens peuvent créer un système complet d’oppression qui reflète « l’intersection » de plusieurs formes de discrimination.
Prenons l’analogie de la circulation automobile et d'une intersection à quatre embranchements. La discrimination, comme la circulation routière à une intersection, peut aller dans une direction comme dans l’autre. Un accident qui survient à cette intersection peut être causé par des automobiles provenant de plusieurs directions et, parfois, de toutes les directions en même temps.
De la même façon, si une femme noire est blessée parce qu'elle se trouve à une « intersection », ses blessures peuvent être la conséquence d'une discrimination basée sur le sexe ou la race (...), mais il n'est pas toujours facile de reconstruire un accident. Les traces de frein et les blessures indiquent parfois simplement qu'elles ont eu lieu en même temps, ce qui empêche de déterminer quel conducteur est responsable des torts causés. (Kimberlé Williams Crenshaw, 1989, p. 149).
Justice sociale – Le concept de justice sociale ne fait pas l’objet d’un consensus, mais quelques croyances peuvent contribuer à le définir :
* la rectification des inégalités et des injustices historiques (car leurs effets se font toujours ressentir aujourd’hui) et actuelles, jusqu’à ce que les inégalités en question soient « effacées » de manière perceptible ;
* la redistribution de la richesse, du pouvoir et des privilèges en faveur des individus, des communautés et du bien commun ;
* la prise en charge, par le gouvernement (ou par les personnes qui détiennent un pouvoir significatif) de la qualité de vie de base de tous/toutes les citoyenNEs.19
Mentorat – Le mentorat peut être décrit comme l'influence exercée ou les conseils prodigués par une personne de confiance et d'expérience qui endosse le rôle de guide et d’accompagnatrice. UnE mentorE peut référer à unE leader ou unE personne ressource d’expérience qui aide des personnes moins expérimentées à développer leurs capacités.20 UnE mentorE aide les personnes qu’il ou elle accompagne à s’épanouir autant dans la sphère personnelle que professionnelle et elle écoute, stimule, entraîne et prodigue des conseils dans une relation égalitaire et mutuelle et qui profite aux deux parties. Une relation de mentorat saine et réussie est dynamique plutôt que statique et repose sur la confiance mutuelle, le respect et le désir sincère de comprendre les valeurs et les attentes de l'autre personne.21
Mobilisation – Il s’agit de l'effort fait par les individus d'un organisme ou d'un groupe pour réunir leurs idées ou leurs pratiques aux efforts de d'autres organismes ou groupes, et ce, auprès d’un public en particulier ou du grand public. La mobilisation comprend souvent un volet éducatif (la transmission des idées), mais il est de plus en plus courant pour les organismes de concevoir leur stratégie de mobilisation dans une perspective plus large de dynamique de va-et-vient et d’engagement réciproque avec ceux/celles qui sont viséEs. La mobilisation est alors définie comme un engagement plutôt qu’une simple activité de diffusion : ses stratégies sont liées à la mission de l'organisme et élaborées en termes de cibles, buts et étapes.22
Objectifs – D’autres mots pour « objectifs » sont : but, résolution, raison, cible, désir d’accomplir. Ce qu’on veut accomplir et obtenir ultimement.
Oppression – Traitement prolongé qui peut être injuste, cruel ou discriminatoire, parfois inconscient, parfois caché. C’est le déni permanent de traitements et d'opportunités justes et égaux pour les autres.23 C'est aussi l’amalgame des structures économiques, politiques et des relations psychosociales qui systématiquement limitent ou réduisent les choix de vie possibles d'un groupe social, souvent en présentant aux membres des groupes sociaux opprimés un ensemble de « double contraintes », c'est-à-dire le choix entre plusieurs possibilités toutes aussi problématiques les unes que les autres. (Voir aussi « privilège ».)24
Organisation – Une structure administrative (par exemple une entreprise ou un parti politique).25
Politiques de programme – Une politique est une orientation ou une stratégie d'action définie et choisie pour orienter et déterminer les décisions présentes et futures
. Les politiques d’un programme sont des directives déterminées à l'avance et écrites pour baliser son fonctionnement et réaliser les objectifs. Le contenu des politiques est influencé ou déterminé par les membres du conseil d'administration ou du comité consultatif selon la structure de l’organisme.
Position sociale – Réfère aux expériences de pouvoir et de privilège vécues par quelqu’un en tenant compte de ses habiletés, son ethnicité, sa race, ses croyances religieuses, son statut socio-économique, son orientation sexuelle, son identité de genre et plus.
Pouvoir – Il n'y a pas de consensus pour la définition de pouvoir, plusieurs théories coexistent quant à son origine. Il peut venir de l'intérieur, soit de nous-même (l’énergie, les aptitudes personnelles qui permettent à une personne d'agir avec efficacité)27 ou de l'extérieur, selon la place qui nous est accordée par la société et le pouvoir qui y est associé. CertainEs théoricienNEs définissent le pouvoir comme la capacité de faire faire à quelqu'unE ce que l'on veut qu'il/elle fasse (le pouvoir à l’égard de) tandis que d'autres le définissent plus largement comme une compétence ou une capacité à agir (le pouvoir de).28 La plupart des définitions du pouvoir adoptent une perspective de type « pouvoir à l’égard de ». Par exemple, une personne, un groupe ou une nation qui exercent une grande influence ou un contrôle sur d'autres, peuvent le faire parce qu'ils en ont la capacité ou parce que leur position officielle leur permet d’exercer une domination politique, sociale, économique ou d’autorité. 29
Préjugé – Attitude ou opinion non fondée attribuant certaines caractéristiques à une personne ou à un groupe. Il s’agit d’une opinion ou d’un jugement (généralement négatif) qui se fonde sur des considérations non pertinentes ou sur l’ignorance. Le dit préjugé est souvent à la source de la discrimination.30
Privilèges – Exemptions, avantages ou immunité accordés à certains groupes, ou réclamés comme un dû par ces derniers, qui considèrent y avoir droit. Au Canada, par exemple, les privilèges reviennent principalement aux personnes blanches, hétérosexuelles et surtout aux blancs/mâles/hétérosexuels31. Des avantages non mérités qui sont systématiquement conférés aux membres d'un groupe social donné en vertu de leur simple appartenance à ce groupe. (Voir aussi « oppression »)32
Un privilège est « un ensemble invisible de biens ou d’avoirs immérités » sur lesquels les membres de groupes privilégiés « peuvent compter tous les jours », mais à propos desquels ils « restent inconscients.
» (Peggy McIntosh, "White Privilege: Unpacking the Invisible Knapsack.")
Race - Tous les êtres humains appartiennent à la même espèce : homo sapiens. Le concept de race provient de l’idée que l’espèce humaine peut être subdivisée en groupes biologiques distincts. La race a été utilisée pour décrire des gens qui ont été regroupés ensemble en fonction de similarités génétiques ou physiques, telles la couleur de la peau, la forme des yeux et la texture des cheveux, et en prêtant à ces groupes des traits socioculturels communs. Cependant, en pratique, les scientifiques ont constaté qu’il est impossible de séparer les humains en races clairement définies et la plupart rejettent aujourd’hui le concept de race biologique. Malgré cela, la notion de race reste un puissant concept social, culturel et historique utilisé pour classer les gens en fonction de perception de différences physiques ou de comportement. Selon la Fondation canadienne des relations raciales, le terme race « est aussi utilisé pour désigner des catégories sociales dans lesquelles la société divise les gens selon certaines caractéristiques. La race est souvent confondue avec l’ethnicité. Plusieurs types de groupes à grande échelle (par exemple, racial, ethnique, religieux et régional) sont rarement mutuellement exclusifs et le degré de discrimination entre chacun dépend d’une place à une autre et varie dans le temps. »34 Certaines personnes croient qu’il faudrait utiliser le mot entre guillemets pour indiquer clairement qu’il s’agit d’une distinction sociale et non biologique et pour se distancer du sens originel du terme. Un groupe racisé peut être défini en examinant la relation entre ce groupe et le groupe majoritaire au sein d’une société. Si la relation d’un groupe avec un autre en est une de soumission renforcée en raison d’une perception raciale différente, ce groupe est subordonné au niveau racial.
Racisme - Ensemble de croyances affirmant la supériorité d’un groupe racial par rapport à un autre (à l’échelle individuelle et institutionnelle), selon lesquelles un individu ou un groupe exerce un pouvoir qui rabaisse ou désavantage les autres en raison de la couleur de sa peau ou de ses origines culturelles ou ethniques. Ces sont aussi les pratiques discriminatoires qui protègent et entretiennent la position de force des groupes dominants. Le terme racisme constitue un raccourci pratique pour cataloguer les mauvais traitements systématiques subis par les gens de couleur, mais il ne doit pas laisser croire que les humains appartiennent à des espèces biologiquement différentes. Le racisme n’influence pas seulement les comportements individuels, il joue aussi un rôle important dans l’élaboration des politiques d’état et dans les décisions institutionnelles, autant en économie, dans le système politique que dans la société civile. Selon cet angle, le racisme est l’expression du pouvoir et exacerbe la distribution inégale des chances et des ressources. Un système de discrimination institutionnalisé s’appelle racisme systémique. Par exemple, les modalités d’embauche, de promotion ou d’admission dans certains endroits peuvent exclure certains groupes et favoriser les membres du groupe dominant.35
Renforcement du pouvoir d’agir – Donner à quelqu'unE le pouvoir ou l'autorité (capacité à s'affirmer), ou aider quelqu'unE à découvrir le pouvoir et l'autorité (capacité à s'affirmer) qu'ils/elles ont dans leur vie.
Réseautage – Échange de services ou d'information entre des individus, des groupes ou des institutions.36
Responsabilité, engagement – Obligation qui lie juridiquement un individu ou une société pour le règlement d'une dette. Lorsque quelqu'unE est responsable d'une dette, il/elle est responsable en tant qu'individu de l'acquitter ou de conclure une entente pour l'acte dommageable qu'il/elle a pu commettre. Par exemple, si John emboutit la voiture de Jane, John est responsable des dommages causés. Dans le cas d'une compagnie, la responsabilité peut inclure les comptes créditeurs, les impôts, les salaires, les frais courus et les comptes à fins déterminées.37
Ressources – Désigne une source d'approvisionnement ou de soutien, des fonds ou du matériel disponibles ou la capacité de composer avec une situation.38 Mentionnons à titre d’exemple de ressources : le financement, l'équipe de travail, les bénévoles et le matériel de bureau.
Résultat, conséquence – Les conséquences ou résultats d'une action particulière, d'une opération ou d'un programme.
Par exemple, le résultat ou la conséquence de tel programme est que 20 filles ont acquis des connaissances à propos de la santé sexuelle.
Retour – Un retour est le processus de réflexion et d'approfondissement de l'apprentissage suite à une activité. UnE animateur/trice questionne les participantEs et engage une discussion à propos de l'activité qui a eu lieu. Souvent, le retour peut prendre plus de temps que l'activité elle-même. Lors d'un retour, les questions se suivent selon une certaine séquence : qu'est-ce qui s'est passé durant l'activité ou l'exercice ? Et après ? Qu'est ce que cela signifie pour vous ? Pour le groupe ? Et maintenant ? Suite à cela, qu'est-ce que le groupe ou les personnes peuvent faire la prochaine fois ?
Sexe – (sexe assigné à la naissance ou sexe biologique) – Classification fondée sur la physiologie reproductive et identifiée selon quatre principaux aspects :
1- les caractéristiques sexuelles primaires (vulve, lèvres, clitoris et vagin pour les femmes; pénis et scrotum pour les hommes) ;
2- les chromosomes ou le sexe génétique (XX pour les femmes et XY pour les hommes) ;
3- les gonades (ovaires pour les femmes, testicules pour les hommes) ;
4-les caractéristiques sexuelles secondaires ou les caractéristiques physiques qui ne sont pas présentes à la naissance et qui se développent au moment de la puberté suite à la production d'hormones par les gonades et la glande surrénale. Ces caractéristiques sont entre autres : la pilosité sur le visage et le torse (hommes), les seins (femmes) et les poils pubiens (hommes et femmes).
Le sexe est un continuum et la plupart des personnes se situent vers une extrémité ou l'autre de ce continuum.40
Statut socio-économique – Position d'un groupe ou d'un individu dans une structure sociale hiérarchisée. Le statut socio-économique dépend d'une combinaison de facteurs, dont la profession, le niveau d'éducation, le revenu, la richesse et le lieu de résidence.41 Cela inclut le statut socio-économique des parents ainsi que celui de la personne en tant qu'adulte. Le statut socio-économique est attribué en fonction de celui des autres et est généralement divisé en trois catégories, soit haut, moyen et bas, pour décrire les trois zones dans lesquelles peuvent se trouver une famille ou un individu.42
Stéréotypes – De façon générale, un stéréotype est une idée préconçue ou un préjugé qui organise et simplifie le monde en catégories selon certaines caractéristiques communes. Lorsque c’est utilisé en référence à la race, le mot stéréotype signifie la formation d’une façon de comprendre instantanée ou à long terme d’un groupe de personnes. Par exemple, «les Asiatiques sont futés» ou « les Noirs sont de bons athlètes ». Le stéréotype est une stratégie cognitive de base qui réduit la diversité à des proportions assimilables (ou qui simplifie les prises de décisions), mais il donne souvent lieu à des comportements racistes et discriminatoires.43
Tenir un journal – La consignation par écrit des évènements, des pensées ou des sentiments ressentis pendant les ateliers participe au processus de réflexion individuelle.
1 Le terme autochtone (d'après la Loi Constitutionnelle de 1982, toujours valide aujourd'hui) sert à désigner trois groupes de peuples Indigènes présents sur le territoire maintenant connu sous le nom de Canada: les Premières Nations, les Inuits et les Métis.
2 Association Canadienne pour les Nations Unies: “La trousse: Guide Jeunesse pour Combattre le Racisme par l'Éducation” http://www.unac.org/yfar/The_KIT_f.pdf consulté en anglais. Tiré d'un atelier présenté par J. Skeene and L. Pitman à la Comission Jeune de la Croix Rouge Canadienne, Zone de l'Ontario.
3 Wikipedia. “Fundraising,” http://en.wikipedia.org/wiki/Fundraising, consulté le 5 septembre 2008.
4 Wikipedia, “Social Class” consulté sur http://en.wikipedia.org/wiki/Social_class, consulté le 11 septembre 2008.
5 Association Canadienne pour les Nations Unies: “La trousse: Guide Jeunesse pour Combattre le Racisme par l'Éducation”
http://www.unac.org/yfar/The_KIT_f.pdf consulté en anglais. Tiré d'un atelier présenté par J. Skeene and L. Pitman à la Comission Jeune de la Croix Rouge Canadienne, zone de l'Ontario.
7 “Free Management Library. “What is a Board of Directors?,”” consulté sur http://www.managementhelp.org/boards/boards.htm#anchor97797
9 Association Canadienne pour les Nations Unies: “La trousse: Guide Jeunesse pour Combattre le Racisme par l'Éducation” http://www.unac.org/yfar/The_KIT_f.pdf consulté en anglais. Tiré d'un atelier présenté par J. Skeene and L. Pitman à la Comission Jeune de la Croix Rouge Canadienne, Zone de l'Ontario.
10 Association Canadienne pour les Nations Unies: “La trousse: Guide Jeunesse pour Combattre le Racisme par l'Éducation” http://www.unac.org/yfar/The_KIT_f.pdf consulté en anglais. Tiré d'un atelier présenté par J. Skeene and L. Pitman à la Comission Jeune de la Croix Rouge Canadienne, Zone de l'Ontario.
11 Advocates for Youth. “Glossary: Safe Space” consulté sur http://www.advocatesforyouth.org/publications/safespace/glossary.htm, le 5 septembre 2008.
12 Ibid.
13 Gender, http://www.soaw.org/article.php?id=629#gender, accessed July 6, 2009.
14 Carastathis, A. and Feigenbaum, A. (2006). “Introduction to Women’s Studies Glossary”. Programme d'Études Féministes, Université McGill. Montréal: Québec.
15 http://www.advocatesforyouth.org/publications/safespace/glossary.htm
16 Razack, S. & Fellows, M.L. (1998). “The Race to Innocence: Confronting hierarchical relations among women.” Journal of Gender, Race and Justice, 1(2), p. 335.
17 “Webster’s New Explorer Dictionary and Thesaurus.” Merriam-Webster. Springfield: Massachusetts, p. 274.
18 Association Canadienne pour les Nations Unies: “La trousse: Guide Jeunesse pour Combattre le Racisme par l'Éducation” http://www.unac.org/yfar/The_KIT_f.pdf consulté en anglais. Tiré d'un atelier présenté par J. Skeene and L. Pitman à la Comission Jeune de la Croix Rouge Canadienne, Zone de l'Ontario.
19 http://www.sociologyguide.com/weaker-section-and-minorities/Social-Justice.php
20 Carruthers, M. “Mentor,” consulté sur http://www.soulwork.net/mentor.htm, le 5 septembre 2008.
21 MGMA Connexion, “How do you define a successful mentoring relationship?,” Consulté sur http://findarticles.com/p/articles/mi_qa4083/is_200411/ai_n9472638, Nov/Dec 2004, le 5 septembre 2008.
22 Wikipedia. “Outreach,” consulté sur http://en.wikipedia.org/wiki/Outreach, le 5 septembre 2008.
23 Advocates for Youth. “Glossary: Safe Space” consulté sur http://www.advocatesforyouth.org/publications/safespace/glossary.htm, le 5 septembre 2008.
24 Carastathis, A. and Feigenbaum, A. (2006). Introduction to Women’s Studies Glossary. Programme d'Études Féministes, Université McGill. Montréal: Québec.
25 Webster’s New Explorer Dictionary and Thesaurus. Merriam-Webster. Springfield: Massachusetts, p. 369.
26 Webster’s New Explorer Dictionary and Thesaurus. Merriam-Webster. Springfield: Massachusetts, p. 403.
27 Answers.com. “Power,” consulté sur http://www.answers.com/topic/power, le 5 septembre 2008.
28 Stanford Encyclopedia of Philosophy. Oct 19, 2005“Feminist Perspectives on Power,” consulté sur plato.stanford.edu/entries/feminist-power/ le 5 septembre 2008.
29 Answers.com. “Power,” consulté sur http://www.answers.com/topic/power, le 5 septembre 2008.
30 Ibid.
31 Advocates for Youth. “Glossary: Safe Space” consulté sur
http://www.advocatesforyouth.org/publications/safespace/glossary.htm
, le 5 septembre 2008.
Carastathis, A. and Feigenbaum, A. (2006). Introduction to Women’s Studies Glossary. Programme d'Études Féministes, Université McGill. Montréal: Québec.
33 Peggy McIntosh, "White Privilege: Unpacking the Invisible Knapsack.”, http://www.soaw.org/article.php?id=629#privilege
34 The Canadian Race Relations Foundations, “Race” glossary definition. Available http://www.crr.ca/component/option,com_glossary/task,list/glossid,70/letter,R/lang,english/ Accessed July 9 2009.
36 Webster’s New Explorer Dictionary and Thesaurus. Merriam-Webster. Springfield: Massachusetts, p. 350.
37 Investorwords.com, “Definition: Liability,” consulté sur
http://www.investorwords.com/2792/liability.html, le 5 septembre 2008.
38 Webster’s New Explorer Dictionary and Thesaurus. Merriam-Webster. Springfield: Massachusetts, p. 448 .
39 The American Heritage® Dictionary of the English Language, Fourth Edition copyright ©2000 by Houghton Mifflin Company. Actualisé en 2003. Publié par Houghton Mifflin Company.
40 Ibid.
41 Answers.com. “Socio-economic status,” retrieved from http://www.answers.com/topic/socioeconomic-status, no date, accessed September 5, 2008
42 Wikipedia. “Socio-economic status,” consulté sur http://en.wikipedia.org/wiki/Socioeconomic_status, le 5 septembre 2008.
43 Association Canadienne pour les Nations Unies: “La trousse: Guide Jeunesse pour Combattre le Racisme par l'Éducation” http://www.unac.org/yfar/The_KIT_f.pdf consulté en anglais. Tiré d'un atelier présenté par J. Skeene and L. Pitman à la Commission Jeune de la Croix Rouge Canadienne, Zone de l'Ontario.