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ii. Fiche de renseignements : Le cadre d’analyse anti-oppression

Travailler avec un cadre d’analyse anti-oppression, lorsqu’il est question d’élaborer et de mettre en place des programmes pour filles, signifie plusieurs choses :

  • Nous orientons notre travail en tenant compte de l’aspect multidimensionnel du pouvoir et de l’oppression.

  • Nous reconnaissons que personne n’est une victime 100% du temps. En réalité, chaque personne a une expérience différente du pouvoir et du manque de pouvoir selon les situations. Lorsqu’un homme harcèle une fille sexuellement, il se trouve dans une position de pouvoir relatif ; lorsque cette même fille répand des rumeurs sur une de ses camarades de classe, elle se trouve à son tour dans une position de pouvoir relatif.

  • Nous reconnaissons que les politiques et les pratiques institutionnelles affectent différemment chaque femme, dépendamment de leur statut socio-économique, de leur identité socioculturelle, de leur classe sociale, de leur genre, de leur sexualité, de leur âge, de la présence ou non d’un handicap, de leur position géographique, de leur statut d’immigrante ou de réfugiée, de leur statut d’Autochtone1 et d’un bagage historique de racisme, de discrimination et de colonialisme. Toutes ces notions d’identité peuvent aussi bien être des sources de fierté. Comme chaque femme est affectée différemment par les politiques et les pratiques institutionnelles en fonction de leurs aspects identitaires, cela mène aussi à différentes formes d’oppression.

  • Nous devons reconnaître, en développant nos programmes, que diverses formes d’oppression se croisent dans la vie des personnes. Par exemple, une femme réfugiée d’origine latino-américaine est opprimée en vertu de son genre, de sa race et de son statut, et ce, de façon simultanée plutôt que séparée.

  • Nous devons être conscientes que chaque participante est différente et comprendre que chaque fille a un contexte de vie et une histoire unique. Nous devons valoriser chacune d’entre elles et soutenir le développement de sa personnalité et la réalisation de ses rêves. Nous devons aussi lui donner accès à des espaces (plus) sûrs où elle pourra apprendre de nouvelles notions et partager avec d’autres filles ses propres réflexions sur les différentes formes de pouvoir et de discrimination.

  • Nous devons nous engagez à comprendre comment les différentes formes d’oppression affectent chaque personne à différentes intensités et comment elles peuvent influer sur une base individuelle, tout comme aux niveaux collectif et communautaire.

  • Nous devons nous engager à mener des actions positives et à participer à des mouvements qui travaillent à réduire les causes de l’oppression et à soutenir la capacité d’agir des personnes.

 

Pour nous, une approche anti-oppression d’avoir une réflexion active sur notre travail. Puisque nous travaillons dans l’un des pays les plus riches du monde, nos pratiques anti-oppressions doivent tenir compte du fait que la majorité des ressources est concentrée entre les mains d’une portion relativement petite de la population. Cela signifie que le classisme, c’est-à-dire la discrimination systématique envers les membres les plus pauvres d’une communauté et la marginalisation découlant de cette discrimination, doit être considéré dans notre travail. Puisqu’il s’agit d’un système de croyances en grande partie fondé sur le statut économique, la race, l’âge et le niveau d’éducation, le classisme fonctionne en « classant » des groupes de personnes selon une perspective privilégiée de ce qui est « normal » ou « acceptable ».

 

Travailler avec les filles pour réduire l’oppression vécue dans leur vie est un processus d’apprentissage continu. Nous devons être en mesure d’ajuster notre niveau de langage et d’employer une multitude d’approches pour faciliter le partage des connaissances. Voici quelques méthodes éprouvées.

 

  • Concevez des processus qui favorisent le renforcement de l’autonomie par la reconnaissance des expériences des filles, dans un contexte qui prend en compte les structures sociale/économique/politique plus large.

  • Créez des espaces où il est possible d’apprendre ensemble, au-delà des différences, et de faire avancer l’analyse sur la justice sociale.

  • Reconnaissez en quoi les formes d’oppression sont intimement liées et comment elles se manifestent.

  • Réfléchissez à votre approche de votre travail.

  • Soyez toujours disposée à écouter et à apprendre.

  • Utilisez une approche non-violente pour transmettre vos connaissances : il faut absolument éviter d’humilier les filles lors des périodes d’apprentissage.

  • Intervenez pour dénoncer les comportements discriminatoires quand vous en êtes témoin, mais faites-le d’une manière qui permet aux filles d’apprendre de l’expérience, de remettre en question leurs propres comportements et ceux des autres et d’acquérir les outils pour le faire d’une façon positive et efficace.

  • Pour sensibiliser les filles aux différentes formes d’oppression, animez des ateliers sur l’antiracisme, les stéréotypes de genre, la pauvreté, etc.

  • Rappelez-vous que nous sommes là pour créer et offrir des espaces pour les filles, donc que les besoins des filles restent la priorité.

  • Ne perdez pas de vue votre propre position sociale et ce que cela signifie pour les autres.

 

Voici quelques questions auxquelles nous pouvons répondre pour évaluer si nos pratiques contribuent à surmonter, ou au contraire à renforcer, l’imbrication des formes d’oppression :

  • Dans quelle mesure ce programme est-il accessible ?

  • Dans quelle mesure l’organisme est-il accessible ?

  • Quel exemple, quel modèle présentons-nous aux participantes ?

  • Dans quelle mesure créons-nous un espace où les filles et les jeunes femmes peuvent comprendre et analyser leurs propres positions sociopolitiques de pouvoir et d’oppression ?

 

Comment s’auto-éduquer sur les questions d’anti-oppression

  • Trouvez des livres, des cours, des sites Internet, des listes de discussion, des films, etc.

  • ALLEZ DIRECTEMENT À LA SOURCE : lisez des livres écrits PAR des personnes qui sont directement touchées par ces questions et qui partagent leurs expériences.

  • EXPOSEZ-VOUS à une diversité d’opinions.

  • Partager vos connaissances et les connaissances qui vous ont été transmises au sujet de l’anti-oppression.

  • Allez jusqu’au bout! Les occasions d’approfondir vos connaissances personnelles sur le sujet ne viendront pas nécessairement à vous. N’attendez pas que l’information vous trouve ; prenez les moyens nécessaires pour trouver l’information dont vous avez besoin.

  • Ne portez pas de jugements : réagissez avec compassion quand les autres font des erreurs.

  • Forcez-vous à agir positivement et dépassez vos propres limites. Remettez-vous en question et permettez que l’on vous remette en question.

  • Explorez les questions de pouvoir et d’oppression dans toutes les sphères de votre vie.

  • Impliquez-vous dans des groupes qui abordent et confrontent les questions de privilèges et d’oppression.

  • N’essayez pas de forcer les autres à VOUS éduquer.

  • Essayez de trouver des personnes cool avec qui discuter de ces questions et avec qui explorer une diversité de perspectives.

  • Prenez le temps de vous aider vous-même : ce n’est pas toujours facile!

  • Soyez honnête avec vous-même.

  • Sachez bien quelle est votre position sur ces questions, mais n’ayez pas peur d’avouer ce que vous ne savez pas.

  • Soyez critique du monde qui vous entoure.

 

Observer ses propres attitudes dans les relations interpersonnelles : les questions de privilège

 

 

Pour entretenir des relations humaines saines et équilibrées, il est essentiel de rester en contact avec sa propre expérience et de se remettre en question :

 

Cela signifie être consciente de comment vos propres expériences, vos valeurs et vos privilèges (et votre manque de pouvoir) affectent ou interagissent avec les expériences, les valeurs et les privilèges (et le manque de pouvoir) des autres.

 

 

 

 

Quelques questions que vous devez vous poser pour être en mesure d’observer vos propres comportements et la façon dont ils peuvent influencer les autres dans votre groupe :

 

  • Quelles personnes, quels éléments ont été exclus lors du dernier atelier / de la dernière réunion ?

  • Comment notre façon de s’organiser pourrait être plus inclusive ?

  • Ai-je l’impression de résister à quelque chose ? Créons-nous des barrières psychologiques ? Si oui, contre quoi ? Comment pouvons-nous les surmonter ?

  • Quelles sont les différences entre les filles avec qui nous travaillons ? Quelles sont les similitudes ? Comment gérons-nous les deux aspects ?

  • Quels sont les obstacles au renforcement du pouvoir d’agir des filles et comment pouvons-nous les surmonter ?

 

Pour plus de ressources sur l'anti-oppression, consultez notre Centre de ressources.


 

 

1 Razack, S. & Fellows, M.L. (1998). “The Race to Innocence: Confronting hierarchical relations among women”. Journal of Gender, Race and Justice, 1(2), p. 335.

 Le terme autochtone (selon les lois constitutionnelles canadiennes de 1982, toujours en vigueur) réfère à trois groupes de peuples autochtones qui vivent sur le territoire qu’on appelle aujourd’hui le Canada : les Premières nations, les Inuit et les Métis.