Ce point est l’un des plus importants à examiner et à traiter dans le cadre de la gestion des risques. Comme votre programme pour filles va probablement compter la participation d’enfants et de jeunes (en général de moins de 18 ans), vous avez la responsabilité particulière de vous assurer que ces enfants ne soient pas blessés ou maltraités d’aucune façon. Cette liste présente certaines des principales mesures à adopter pour aborder ce point :
a. Connaître vos participantes
Les organismes qui offrent des services aux enfants et aux jeunes doivent avoir plus qu’une compréhension de base de leur population cible. Ils doivent notamment avoir une compréhension du développement physique et mental des enfants et des jeunes, ainsi que des besoins des jeunes dans cette tranche d’âge.
Le fait de ne pas anticiper les besoins communs aux enfants et aux jeunes à qui les services sont offerts et de ne pas agir en conséquence pourrait être considéré comme un acte de négligence, car les fournisseurs de services sont tenus de bien connaître ces besoins. Vous devez également veiller à ce que les activités du programme conviennent à leur groupe d’âge et tenir compte de leur développement physique et psychologique.
b. Choisir le bon personnel
Une sélection rigoureuse, une formation adéquate et suffisamment de supervision du personnel (employéEs et bénévoles) réduisent les risques d’abus ou de négligence. Bien que le filtrage soit un outil de gestion des risques important et nécessaire, aucun processus de filtrage ne peut complètement identifier les individus qui constituent un danger pour les personnes vulnérables. Il faut alors avoir recours à d’autres stratégies de gestion des risques. La sécurité des participantes à votre programme exige en effet l’attention constante de vos employéEs.
C’est pourquoi il est recommandé d’adopter un processus complet de filtrage qui, lorsqu’il est utilisé de concert avec d’autres stratégies de gestion des risques, aide à créer un environnement plus sûr pour offrir vos programmes. Ce processus est fondé sur les quatre principes suivants :
1. La conformité à la loi ;
2. L’application systématique des procédures ;
3. La concordance entre le niveau de filtrage et les facteurs de risques associés au poste ;
4. L’application uniforme des critères de sélection à toutes les candidates à un poste.
Chaque étape du processus de filtrage devrait permettre de déceler tout comportement abusif.
Outils de filtrage
c. L’organisme et la formation pour le poste
Une fois les membres du personnel sélectionnés, votre organisme doit s’assurer qu’ils reçoivent la formation nécessaire pour qu’ils puissent s’acquitter de leurs fonctions et aider l’organisme à accomplir sa mission. Une partie de cette formation doit insister sur la sécurité des enfants, ce qui inclut la prévention des abus à l’égard des enfants, l’information sur le développement physique et affectif des enfants, l’identification des signes d’abus et de négligence envers les enfants et les responsabilités des membres du personnel. Lorsque de nouvelles employéEs apprennent l’importance que votre organisme accorde à la protection de la jeunesse, elles pourraient être plus motivéEs à mettre en œuvre les politiques de l’organisme et les agresseurEs potentielLEs pourraient décider de chercher leurs victimes ailleurs.
d. Fournir le personnel approprié et des programmes de supervision
En plus d’une sélection rigoureuse et d’une formation efficace, votre organisme doit disposer d’un personnel de supervision suffisant pour détecter les problèmes avant que l’organisme ne soit en situation de gestion de crise.
Le personnel de supervision
Programme de supervision
e. Communiquer avec les enfants et les jeunes, leur famille ou leur tuteur
Les directives relatives pour ce qui n’est pas considéré comme un acte sanctionné doivent être claires. En partageant ces orientations avec les responsables, les parents et les jeunes participantEs au programme, l’organisme peut prévenir qu’unE agresseurE passe à l’acte. Aider les jeunes à reconnaître les comportements abusifs et les aider à apprendre comment s’en protéger est une responsabilité importante de l’organisme.
f. Contrôler l’environnement dans lequel les services sont fournis
Vous avez la responsabilité d’examiner vos programmes et d’identifier les zones sensibles où les risques d’abus sont plus importants. Par exemple, des activités avec une nuit passée à l’extérieur peuvent augmenter les possibilités d’abus après que les enfants soient couchés. En identifiant ce genre de cas, votre organisme peut instaurer des politiques pour interdire à un adulte seul de partager le lieu d’hébergement des enfants et pour exiger la présence d’au moins deux adultes.
Les programmes communautaires de mentorat qui mettent l’emphase sur les relations entre unE mentorE adulte et sa protégée présentent un plus grand risque d’abus. Par conséquent, l’intensité des procédures de dépistage et des mesures de supervision doit être augmentée. Les programmes de mentorat peuvent également limiter les rencontres entre les mentorEs et leur protégée dans des lieux publics, où les cas d’abus sont moins susceptibles de se produire. C’est la responsabilité de votre organisme de comprendre les risques associés à vos programmes et d’élaborer des stratégies pour gérer ces risques.
g. Réagir rapidement en cas d’allégation, de plainte ou de soupçon d’abus éventuels
La protection des enfants et des jeunes qui participent à votre programme nécessite que toute allégation, plainte ou soupçon d’abus soit immédiatement signalé aux autorités appropriées de protection de la jeunesse. Il s’agit d’une exigence légale obligatoire et des dispositions précises sont prévues à cet effet dans la loi applicable dans votre province ou territoire. Il est essentiel de connaître les exigences légales de signalement des abus sexuels dans votre province ou territoire et de les mettre attentivement en application.
Il est également essentiel de vérifier les applications de la loi dans votre province ou territoire qui déterminent jusqu’à quel âge un enfant est sous obligation de signalement, car elles peuvent varier d’un territoire de compétence ou d’une juridiction à l’autre.
Si des allégations ou des soupçons d’abus ont lieu dans votre organisme, la personne suspecte devrait être suspendue de toute nouvelle association avec votre organisme jusqu’à ce que les soupçons ou allégations n’aient été levés suite à une enquête faite par les autorités locales. Ce n’est que lorsque ces enquêtes mettent totalement hors de cause l’auteurE présuméE que cette personne peut être autorisée à reprendre ses fonctions. Lorsqu’un enfant révèle un abus, écoutez ce qu’il a à dire. Apportez votre soutien à l’enfant et ne montrez pas de signe d’incrédulité. Exprimez votre appréciation du fait que l’enfant vous fait suffisamment confiance pour vous parler de l’abus, mais ne promettez pas de garder le secret. Expliquez à l’enfant que vous devez signaler ces allégations aux autorités et qu’ils voudront lui parler.
h. Élaborer une politique de protection de la jeunesse
Une politique de protection de la jeunesse est un outil essentiel pour réduire les risques d’abus sexuels et physiques envers les participantEs à votre programme. Votre organisme devrait élaborer cette politique en collaboration avec unE conseillerE juridique. Votre politique doit définir et aborder les questions d’abus, de négligence et toutes autres questions concernant les mineurs. Elle doit être communiquée à vos employéEs et à vos bénévoles par écrit.
Cette politique vous assurera que vos employéEs et bénévoles sont forméEs pour reconnaître les victimes d’abus, les abuseurEs et l’environnement propice à ces abus. Une telle politique les aidera aussi à déterminer les précautions nécessaires et les procédures à suivre pour protéger les enfants et les jeunes.
Comme nous l’avons déjà mentionné, chaque province et territoire au Canada a sa propre législation en matière de protection de la jeunesse. C’est pourquoi votre politique doit aborder les procédures et les normes qui s’appliquent dans votre territoire de compétence ou votre juridiction et les fonctions et responsabilités qui sont conférées au public afin de signaler tout cas ou soupçon d’abus envers des enfants.
Les points suivants devraient être dans votre politique de protection de la jeunesse. Nous vous recommandons de demander à unE conseillerE juridique de réviser votre politique avant de l’adopter :